Parentalité et écrans numériques

Suite à la lecture du livre Parents… tout simplement! de Kim John Payne, mon amoureux a enfin compris des trucs que je tentais de lui expliquer depuis longtemps en lien avec les écrans dans nos vies. Eh, oui, je prêchais dans le désert! Jusqu’à ce que quelqu’un d’autre dise exactement la même chose, mais avec d’autres mots. Ça vous est sûrement déjà arrivé à vous aussi, non? Bon, j’avoue ma frustration… mais en même temps, j’étais, assez heureuse d’avoir trouvé quelqu’un qui détenait la clé pour expliquer les choses, que je trouvais importantes, de façon concrète et compréhensible pour mon amoureux!! Il n’en fallait pas plus pour me convaincre de faire nos valises, d’attraper nos passeports et faire le voyage jusqu’aux États-Unis, avec lui, pour assister à une conférence sur la parentalité à l’heure du numérique.

La conférence de M. Payne s’adressait aux parents qui vivent des enjeux, avec l’éducation de leurs enfants, liés aux nombreux écrans, on entend ici ordinateurs, jeux vidéo, cellulaires, tablettes, télévisions…

Bien que cette conférence suivie d’un atelier d’une journée visait l’éducation des enfants, ce que j’avais vraiment en tête en y invitant mon amoureux, c’était de le sensibiliser à sa grande dépendance à ces nombreux écrans. Il a un cellulaire carrément greffé à la main!! Et je ne vous parle pas du temps qu’il passe devant son ordinateur. Toujours est-il qu’il a, en toute connaissance de cause, accepté de me suivre.

Parentalité à l’heure de la multiplication des écrans

Dès le début de la conférence, M. Payne met les choses au clair; il n’est pas anti-écrans, il est pro-connections personnelles. Si ces derniers nuisent aux interactions entre les membres de la famille, alors, il les élimine dans le but de préserver les connections familiales.

Selon les observations de M. Payne, voici une liste des inconvénients majeurs qu’ils causent;

  • Ils nous coupent de notre lien avec la nature.
  • La multiplication des écrans dans une maison divise les habitants et les familles.
  • Ils nous privent de véritables liens d’amitié, nous y perdons en profondeur.
  • Ils sabotent l’autorité parentale.
  • Ils nous coupent de nous-même!

Voici une autre image qui m’a énormément parlé. Dans le développement sain d’un enfant, on retrouve à la base, la famille, c’est ce qui devrait être le plus important. Par la suite, on ajoute l’école, les amis et la communauté où l’on partage nos intérêts communs. C’est différents éléments forment une pyramide et représentent visuellement l’importance que chaque élément devrait avoir dans la vie d’un enfant. 

L’introduction des écrans dans la vie des enfants a tendance à inverser cette pyramide. Internet donne à la communauté et à ce qu’elle véhicule une importance démesurée tout en reléguant les valeurs de la famille en bout de piste. L’enfant ne dispose ainsi, plus d’une base familiale solide pour se développer. Tout d’un coup, ce que dit la dernière chanteuse populaire à plus de poids que ce que disent les parents.

Comment en sommes-nous venus là?

Selon M. Payne, il nous est maintenant quasi impossible, en tant que parents, de rivaliser avec les nombreux attraits des écrans. De nombreuses équipes marketing travaillent très fort pour maintenir et augmenter cet état de fait. Il a déjà assisté à un séminaire de marketing lors duquel il a appris que les parents représentent un frein à l’achat et il y a beaucoup d’énergie investie pour réussir à contourner ce frein. On dépense des millions, voire des milliards de dollars, pour réduire l’influence des parents et augmenter le pouvoir d’achat des enfants. En laissant pénétrer les écrans dans nos demeures et en laissant libre accès à nos enfants, nous sommes certains de perdre la bataille.

Autorité verticale ou horizontale?

Avec nombre de comédies faisant passer les adultes, au mieux pour des incompétents et au pire pour de véritables idiots, l’autorité des adultes a déjà grandement diminué. Nous devons notamment à l’émission Home Alone, cet état de fait. Les enfants ne considèrent plus que l’adulte a plus d’autorité qu’un autre enfant. Il faut en parler aux professeurs qui doivent aujourd’hui enseigner les bases de la communication en société avant de pouvoir passer aux matières académiques régulières.

Selon M. Payne, ce n’est pas par manque de respect que les élèves continuent de discuter entre eux pendant qu’un professeur s’évertue à donner un cours devant la classe. C’est simplement qu’on ne leur a jamais montré ou expliqué qu’il faut écouter en priorité le discours du professeur puisque pour eux, tout le monde est égal. La mode qui promeut le fait d’être copain-copain avec nos enfants fait en sorte que ceux-ci nous voient comme leur égal. L’expérience des années et les connaissances accumulées ne comptent plus dans la balance. L’autorité n’est plus verticale comme elle l’a toujours été, elle est maintenant horizontale.

Surstimulation

La surexposition des enfants à une stimulation excessive n’est rien pour aider! Les enfants sont constamment stimulés par une foule d’informations de plus en plus rapides. M. Payne a fait l’exercice de calculer le nombre de changement de plan de caméra dans une émission moderne. Il lui a fallu ralentir la vitesse afin de réussir à compter! Par la suite, il a voulu comparer avec les émissions que l’on écoutait enfant. À sa grande surprise, lors d’une émission très populaire de l’époque, M. Rogers, il n’y avait qu’un seul plan de caméra. Il est même arrivé à l’acteur de sortir de l’écran pour aller mettre son manteau et de revenir en demandant si les enfants étaient toujours à l’écoute! On ne parle vraiment plus des mêmes effets sur le cerveau humain, vous en conviendrez.

Les publicitaires ne se gênent pas pour utiliser les dernières découvertes sur le cerveau. De nos jours, le placement publicitaire est fait de façon très réfléchie. On affole nos sens en nous exposant à une surstimulation, on calme le jeu pour nous faire sentir en sécurité et on en profite pour nous présenter un produit. Sachant que l’humain s’adapte toujours, M. Payne a demandé à une amie qui fait des recherches sur le cerveau, combien d’année l’humain pourrait prendre pour s’adapter à la vitesse des images dont nous sommes bombardées de nos jours. La réponse est effarante! Le cerveau d’un enfant de 11 à 12 ans aurait besoin de 900 à 1200 années avant de s’adapter et de réussir à traiter adéquatement toutes les informations qu’il reçoit!!

Voilà, c’était la première partie de ce résumé de notre week-end sur la parentalité à l’heure du numérique. Retrouvez nous la semaine prochaine pour apprendre ce que nous pouvons faire face à cette situation pour aider réellement nos enfants. En attendant, je vous invite à prendre conscience de l’importance qu’ont les écrans dans vos vies et dans celles de vos enfants. Vous pourriez être surpris par la réponse!

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