Vaincre ses peurs par l’art et le jeu

Voici une petite anecdote qui démontre le grand pouvoir des arts et du jeu pour aider un enfant à vaincre ses peurs. Je suis toujours émerveillée de voir à quel point l’association de ces deux techniques peut être magique et rapide avec ma fille!

La petite histoire

L’hiver, nous allons faire du patin ou du ski, l’été c’est au parc que ma fille dépense son énergie afin de pouvoir s’endormir facilement le soir. Mais l’entre-deux est toujours une période difficile pour nous. Quand elle n’est pas suffisamment fatiguée pour s’endormir rapidement, ma fille se découvre de nouvelles peurs. C’est presque devenu un rite de passage. Elle a maintenant 8 ans et je suis vraiment en mesure de voir un pattern qui revient deux fois par année. Et c’est toujours quand le terrain est en bouette!

Cette année, le nouveau grand méchant monstre a 8 pattes. Ma fille est littéralement terrorisée par les araignées! Habituellement le temps fait son œuvre et elle trouve le moyen de se sortir de ses peurs par elle-même. Mais cette fois-ci, je n’en peux simplement plus de me faire réveiller en pleine nuit par une petite fille terrorisée par un cheveu qui lui a chatouillé le bout du nez. J’ai fait quelques recherches sur le net pour trouver des outils artistiques qui pourraient aider ma belle amour à vaincre ses peurs… parce que c’est toujours ce qui fonctionne le mieux avec elle. Ce n’est pas pour rien que je traite de ce sujet sur ce blog!!

Tout d’abord, il faut savoir que l’on ne doit pas minimiser les peurs de nos enfants. Même si celles-ci nous semblent complètement hors de proportion, futiles voire absurdes, l’enfant, lui, a réellement peur. C’est à nous de proposer des outils qui aideront nos enfants à surmonter et vaincre ses peurs.

Vaincre ses peurs

Vaincre ses peurs par l’art

Ma fille et moi, nous sommes donc lancées dans le dessin de ses peurs. Cette étape lui a permis de trouver ce qu’elle craignait exactement. Sa première peur était de se faire attacher et emprisonner par les fils d’araignée. Je lui ai donc raconté l’histoire de Gulliver qui échoue sur une plage et se fait capturer par des Lilliputiens. À son réveil, il est ligoté sur place mais se libère très facilement de ses liens. J’ai fait remarquer à ma fille qu’ils sont vraiment nombreux à travailler pour l’attacher, qu’il y avait énormément de cordes et que malgré tout, l’homme s’est dégagé facilement. L’analogie était assez claire pour qu’elle fasse le lien avec les fils d’araignée par elle-même.

Sa deuxième peur était qu’une araignée descende sur elle pendant son sommeil. Elle a donc fabriqué une enseigne interdisant les araignées dans sa chambre que l’on a affichée sur sa porte. Puis, le lendemain, j’ai tenté de lui faire prendre conscience de la différence de grosseur entre elle et une araignée. Je lui ai demandé de trouver le nombre d’araignées qu’il faudrait empiler les unes sur les autres pour réussir à atteindre sa grandeur. Elle a trouvé l’image assez rigolote! Pour l’aider à prendre conscience des différences de proportions entre elle et une araignée, je lui ai ensuite demandé de dessiner le plus gros building qu’elle avait vu à ce jour. Et nous nous sommes amusées à comparer ces deux images. Elle s’est vite rendue compte que si le building était animé, il serait autrement plus épeurant qu’elle ne le serait pour lui!!

Vaincre ses peurs par le jeu

Pendant qu’elle dessinait, une idée folle m’est passée par la tête et j’ai commencé à faire comme si ma main était une araignée qui lui grimpait dessus. Dans un premier temps, elle a fui en criant et j’en ai profité pour jouer à l’araignée déçue de ne pas être suffisamment rapide pour la rattraper. Quand elle s’est rapprochée, elle a tenté de lancer une balle sur ma main, j’ai alors joué à l’araignée apeurée. Elle a finalement repris confiance en elle et a réalisé son pouvoir. Tranquillement, elle a commencé à m’attraper la main ou à tenter de la frapper (doucement quand même!). Plus elle prenait confiance, plus mon araignée avait peur d’elle.

En une soirée, les rôles se sont complètement inversés. Ma fille a finalement compris qu’elle était probablement beaucoup plus effrayante pour une araignée que le contraire. Comme elle aime toujours autant les jeux de rôle, c’est selon moi, la technique qui aura eu le plus d’effet pour elle. Le fait de jouer des personnages, de ressentir réellement toute la gamme d’émotion qui pouvait l’habiter, de reprendre confiance en elle et de réaliser son réel pouvoir l’a vraiment aidée à vaincre ses peurs.

Lors de la routine dodo, j’ai lu des histoires sur la peur trouvées à la bibliothèque, des histoires légères et comiques, le loup qui a peur de son ombre l’a bien fait rigoler! L’humour aide toujours à dédramatiser. J’ai également ajouter l’EFT à mon traitement choc. C’est une technique vraiment intéressante à utiliser avec les enfants. Je ne la maîtrise pas suffisamment pour vous en parler actuellement, mais j’ai trouvé une personne très qualifiée qui viendra nous en parler prochainement, c’est à suivre! C’est ici maintenant ;)

Quand, deux jours plus tard, nous avons vu une vraie de vraie araignée dans mon atelier, je lui ai remis le pouvoir de décider de ce qu’il adviendrait de cette intruse. Voulait-elle la tuer, la sortir dehors ou la laisser aller à sa guise dans la maison? Ma fille m’a regardée avec un regard horrifié en me disant qu’il n’était pas question de la tuer, elle en serait bien trop triste… C’est à ce moment que j’ai su que la partie était gagnée!!

Elle ne m’a même pas demandé de la sortir dehors comme je le fais habituellement. On dirait que mon discours sur les amies araignées mangeuses de moustiques a également porté fruits. Ceci dit, j’entrevois déjà la prochaine crise… les moustiques! Et cette fois-ci, ce sera un peu de ma faute, je l’ai réalisé un peu trop tard… mais bon, le moment venu, on dessinera des moustiques qui servent de nourriture aux superbes oiseaux qui enchantent nos étés ;)

Et vous, quels sont vos trucs pour aider vos enfants à vaincre leurs peurs?

 

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